Les aveux       

         


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Lettre Père Preynat à un Père de victime
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Retranscription du courrier :

Monsieur,

Lundi je suis allé chez le Cardinal Decourtray, à sa demande, et il m'a lu la lettre que vous lui avez envoyée à mon sujet. Que vous demandiez mon départ rapide de Saint Luc et que je ne sois plus responsable d'enfants. Je le comprends très bien et vous savez que je n'ai jamais nié les faits qui me sont reprochés. Ils sont pour moi aussi une blessure dans mon coeur de prêtre.

Mais ce que je ne comprends pas c'est qu'on me demande de quitter la paroisse dans les plus brefs délais (d'abord avant jeudi, puis samedi au plus tard) alors que le père Faivre, vicaire général, m'avait demandé en novembre de me préparer à partir en juin, en prenant la responsabilité d'agir pour que la paroisse et le groupe St Luc puisse se passer de moi.

Ce que j'ai fait depuis lors, en particulier en préparant le passage du groupe aux scouts d'Europe.

Je ne vois pas ce qui depuis novembre à pu précipiter les choses.

Je vous jure que depuis la rentrée de septembre il ne s'est absolument rien passé entre moi et les enfants. Au contraire, j'ai tout fait pour mettre des distances, m'abstenir de certaines réunions et habituer peu à peu les membres du groupe à se passer de ma présence.

Comment pourrais je quitter la paroisse du jour au lendemain comme un voleur après 20 ans de présence ou je n'ai tout de même pas fait que du mal ? Sans avoir même le temps de dire au revoir, de ranger mes affaires, de déménager, sans nouveau poste durable. En me voyant partir ainsi, que vont penser les gens du quartier, ma famille, mes amis ? Ils ne tarderont pas à connaitre la raison, la rumeur va se répandre partout et comment pourrais alors retrouver un ministère : je serai complètement coulé ! Ne trouvez vous pas que c'est vraiment dur de m'avertir le lundi que je dois partir dans la semaine, alors que depuis novembre je préparais mon départ pour juin, et le groupe à une nouvelle existance ?

Je ne pense pas que vous désiriez m'enfoncer la tête sous l'eau et je vous assure que de ma part il n'y a aucune tentative de détourner le problème. Je sais que je dois quitter St Luc.

Permettez moi s'il vous plait, de le faire dans la dignité et dans les délais qui m'avait été assignés par le vicaire général en novembre. Je suis tout à fait de bonne foi. Je reconnais m'être mal conduit avec François, mais pourquoi me demander en quelques jours de partir de cette manière ? Pourquoi ne m'a t'on pas averti dans les délais qu'il ne fallait pas partir si vite ?

Je vous remercie monsieur de votre compréhension et acceptez je vous le demande simplement, de quitter St Luc dans des conditions acceptables. Sinon pour moi c'est la fin. Or, votre épouse à dit au père Faivre qu'elle souhaiterait que je puisse retrouver un ministère, certes non de responsabilité auprès d'enfants, mais ou je puisse continuer mon service sacerdotal. Je me suis permis de parler aussi de tout cela a Monsieur M...qui m'a dit qu'il vous contacterait. Je veux bien vous rencontrer pour en parler et je vous remercie d'avance.

Père Bernard Preynat


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2de Lettre Père Preynat à un Père de vic
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Retranscription du courrier :

Monsieur,

A la suite de la démarche de plusieurs familles du groupe à l'archevêché en Octobre, le vicaire général, le père Faivre est venu me voir mi-novembre pour me demander de me préparer à quitter le groupe et la paroisse en juin.

J'ai reconnu mes torts sans discuter, comme je l'avais fait auprès des familles et j'ai pris mes dispositions pour quitter la paroisse, y confier beaucoup de responsabilités à des laïcs et en ce qui concerne le groupe j'ai fait des démarches pour qu'il soit pris en main par une association Scoute en faisant le passage en douceur d'ici l'été.

Et voici que vendredi dernier le père Faivre  m'annonce que je ne dois pas m'occuper du camp d'hiver et lundi que je dois quitter la paroisse avant jeudi, puis dernier délai samedi ! sinon une plainte sera déposée contre moi et la presse informée.

Je ne comprends pas cette précipitation.

Je vous jure qu'il ne s'est rien passé de mal entre moi et des enfants depuis la rentrée de septembre et qui permettrait d'exiger mon départ immédiat au lieu de l'été comme cela m'avait été formulé en novembre. Comment puis je après 20 ans de présence à Saint Luc, ou je n'ai tout de même pas fait que du mal ? partir du jour au lendemain, sans pouvoir dire au revoir, ranger mes affaires, envisager un autre ministère, certes où je ne serai plus responsable d'un groupe d'enfants mais où je puisse continuer mon service sacerdotal ?

Si je pars ainsi quel choc pour moi, je trouve que ce serait vraiment dur.
Pourquoi ne pas m'avoir averti plus tôt que je devrai partir en Février, en pleine année scolaire ?

Je vais partir la tête basse, tout le monde dans ces conditions sera vite pourquoi et je serai complètement coulé. Je ne pense pas que vous désiriez me mettre la tête sous l'eau et aussi comment annoncer et  expliquer ce départ précipité à ma mère et à toute ma famille ?

Monsieur, j'ai pu me faire remplacer pour la direction du camp de ski, non sans difficulté, vus les délais.
Permettez moi de quitter dans la dignité et de pouvoir ainsi refaire ma vie sacerdotale ailleurs. Tout ce qui s'est passé m'a énormément secoué et fait réfléchir. Je ne cherche pas à me justifier puisque j'ai tort mais qu'on me permette de redémarrer.Or partir de cette manière, rendra un nouveau départ dans la vie impossible. Je vous promets qu'il ne se passera rien  d'ici la fin de l'année scolaire qu'on puisse me reprocher.

Permettez moi de finir l'année normalement avant d'avoir en été une nouvelle nomination comme d'autres prêtres qui doivent changer de poste.
Je le demande à vous et aux familles qui ont fait la même démarche dernièrement aux autorités diocésaines.

Je regrette le mal que j'ai fait, je n'ai jamais demandé à personne de me défendre en m'excusant, je sais que je dois quitter la paroisse mais dans ces conditions que vais je devenir ?

Je vous remercie de votre compréhension, pouvez vous s'il vous plait me donner une réponse, mais je veux bien parler aussi avec vous si vous acceptez.

Recevez Monsieur l'assurance de mes respectueux sentiments.

Père Bernard Preynat

 

 


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Lettre Père Preynat à père de Victime B.
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 Retranscription du courrier :

 

Le 24 09 98

 

Monsieur B

 

Veuillez trouver ci-joint un chèque couvrant la somme des dépenses que vous m'avez demandé à prendre en charge, ce qui est bien normal.

Je comprends tout le mal que j'ai fait à V et à sa famille sans le vouloir mais dont je mesure maintenant la gravité.

Dans ma rencontre avec lui j'ai été sincère et vrai sans chercher à diminuer ou fuir mes responsabilités.

Les paroles d'encouragement pour l'avenir qu'il m'a adressées à la fin de l'échange et sa poignée de main finale sont pour moi une force nouvelle dans cette étape de ma vie commencée depuis 8 ans en rupture totale avec mes errances passées.

 

Je sais que le mal fait ne s'efface pas, que les blessures existent et j'en suis tourmenté, j'avais pourtant voulu faire de ma vie quelque chose de beau.

C'est pourquoi je vous suis très reconnaissant de la bienveillance dont vous avez fait preuve envers moi, contrairement à d'autres réactions bien différentes, que certes je ne puis me permettre de juger, mais qui m'ont fait très mal car elles n'acceptent pas ou ne croient pas qu'on puisse chercher à se relever de fautes passées.

 

A l'époque je ne me rendais pas compte de ce que je faisais, de la portée de mes actes coupables.

Je ne méritais pas la confiance qu'on m'accordait.

Les mots sont peut-être usés, mais ou en trouver d'autres pour vous dire que je regrette et que je vous demande sincèrement pardon.

J'aurais aimé le faire de vive voix à la rencontre que nous nous étions fixés en juin.

 

Après la rencontre avec V, j'ai parlé à Mr V de mon intention d'un nouveau contact avec sa famille et il m'a plutot encouragé à la faire.

C'est pourquoi, bien qu'étant dans une situation délicate envers vous, je n'ai pas trop hésité à vous écrire cette lettre, si j'ai été maladroit

ou offensant en le faisant, veuillez ne pas m'en tenir rigueur.

 

Je vous prie d'agrée mes respectueuses salutations.

P. Preynat.